Documents: Latest From: Larry Hodgson:

La protection de la forêt urbaine:

construire sans détruire
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


September 16, 2012

À quoi, d’après vous, ressemblerait le «terrain idéal», là où vous aimeriez construire votre maison de rêves? Alors qu’il y a 20 ans, ce terrain était aplati, égal et dénudé de toute végétation autre qu’une vaste pelouse verte, de nos jours la mode est aux terrains boisés et, si possible, à plusieurs dénivellations. Les nouveaux propriétaires veulent se sentir à la campagne, même en banlieue… et ne tiennent plus à voir les moindres faits et gestes de leurs voisins.

Malheureusement, le nouveau propriétaire d’un «terrain boisé» est souvent très déçu des résultats à long terme: au bout de 5 à 10 ans, la belle forêt qui entourait sa nouvelle demeure est morte ou mourante. Que s’est-il passé?

Il y a trois problèmes principaux, concernant la protection d’un terrain boisé résidentiel, auxquels doit faire face tout nouveau propriétaire de terrain boisé: une mauvaise sélection des arbres à garder, des dérangements trop sévères lors de la construction et un entretien inadéquat de la forêt par la suite.

Bien choisir

Veut, veut pas, il n’est pas possible de garder tous les arbres lors de la construction d’une maison sur un terrain boisé. Non seulement les arbres les plus près du site de construction seront-ils sévèrement endommagés par le passage de la machinerie nécessaire à la construction (bris des branches, compression des racines, etc.), mais le fait même d’établir une maison dans ce qui était jusqu’alors une forêt dense affaiblit les arbres environnants. N’oubliez pas que les arbres hauts et minces de la forêt ont toujours poussé dans un milieu fermé, protégés des éléments par les arbres environnants. Exposés subitement aux vents et au froid hivernal par une ouverture dans la forêt, ils ont tendance à casser ou à mourir peu à peu au cours des années suivant la construction.

Pour protéger tant soit peu la forêt sur un terrain privé, mieux vaut bien choisir les arbres que vous y maintiendrez. Comme les grands arbres sont les premiers à souffrir d’un dérangement, il est préférable de les sacrifier dès le départ s’il sont près de la maison, et surtout si ce sont des espèces n’ayant pas la capacité de bien récupérer, comme l’érable à sucre. Gardez plutôt les jeunes arbres: ils sauront mieux s’adapter. Au fond du terrain, par contre, là où la machinerie n'est pas passée, il est possible de maintenir les grands arbres… mais à condition de ne pas leur faire subir un changement trop radical. À cette fin, songez à protéger une «bande intermédiaire» de jeunes arbres et arbustes qui agiront comme tampon entre la partie nouvellement dénudée du terrain et la vraie forêt. Si vous le désirez, vous pouvez éliminer cette bande mais progressivement, sur une période de 3 à 5 ans, afin que les arbres restants puissent s’habituer graduellement au changement.

Si vous avez de la difficulté à choisir les arbres à maintenir, consultez un arboriculteur. Il pourra de plus vous indiquer s’il y a des arbres malades et/ou à abattre et aussi faire un élagage des arbres restants en vue de réduire les dommages lors de la construction.

Protégeons les arbres qui subsistent

Une fois que la sélection des arbres à garder est faite, il faut les protéger de la machinerie lourde. Délimitez avec une clôture à neige de couleur voyante, en consultation avec votre entrepreneur, une «zone de construction», une «zone de circulation» et une «aire de stationnement»: donc, défense absolue de passer ailleurs sur le terrain. La surface ainsi protégée devrait de préférence être aussi large que l’étendue des branches des arbres à protéger. Défense aussi d'entasser de la terre sur les racines des arbres, même temporairement: ils n’en mourront que plus vite.

De plus, recouvrez les zones de circulation et de stationnement d’un épais (15 cm ou plus) paillis organique grossier: des branches déchiquetées feront bien l’affaire. En effet, de nouvelles études indiquent qu’on peut ainsi éviter la compression du sol, même sous le poids de la machinerie lourde, ce qui protège les arbres contre la mort lente par l’asphyxie de leurs racines.

Un entretien sensé

À la fin de la construction, enlevez d’abord le paillis protecteur tout en laissant l’humus de la forêt sur place. Et n’allez pas trop vite pour installer du gazon dans la section boisée: non seulement les graminées poussent-elles difficilement à l’ombre des arbres, mais en recouvrant les racines de ces derniers d’une couche de terre pour permettre l’installation d’une pelouse, vous les dérangerez énormément et détruirez aussi le complexe système de la flore microbienne du sol qui permet la survie de la forêt. Laissez plutôt votre sous-bois au naturel, limitant vos interventions à l’installation, en bordure de la forêt, d’arbustes et de plates-bandes et, dans le sous-bois lui-même, de la plantation de plantes d’ombre: fougères, hostas, fleurs sauvages, etc.

Enfin, n'enlevez surtout pas les feuilles d’automne dans le sous-bois, car seule la présence du riche humus qu’elles produisent garantit la permanence de la forêt.

Le «jardin quasi naturel» qui résulte d’une plantation et d’un entretien minimaux dans la zone des racines des arbres créera, au cours des décennies à venir, une «belle complicité» entre la forêt naturelle et vos buts d’embellissement: une complicité qui garantira la survie à court, moyen et long terme de votre beau terrain boisé!

  • New Eden
  • Kids Garden
  • Plant a Row Grow a Row