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Plantons des arbres
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


June 26, 2011

Le Québec est en passe de devenir l’un des lieux les plus réputés au monde pour ses beaux jardins; il est certain que nous n’avons rien à envier aux provinces environnantes, ni à nos voisins du Sud! De plus, même les Européens et les Asiatiques commencent à s’y intéresser: articles et photos sur les jardins québécois dans les revues spécialisées, voyages organisés de l’étranger pour les visiter, etc.

Les beaux jardins du Québec ne sont pas limités aux seuls jardins publics, mais aussi aux aménagements privés. En effet, la beauté de nos terrains résidentiels n’a vraiment pas son égal nulle part ailleurs en Amérique du Nord. Fleurs abondantes et colorées, pelouses denses et verdoyantes, aménagements bien conçus et attrayants, nos terrains ont tout pour plaire, sauf que…

Pas d’arbres

Il manque un élément important aux aménagements québécois: on n’y retrouve presque plus de grands arbres.

Pourquoi l’arbre a disparu de nos terrains urbains est un mystère. Dans les quartiers de quarante ans et plus, on en trouve facilement: d’énormes érables et des épinettes majestueuses créent une ambiance de solidité, de tranquillité et de bien-être. Faites un tour dans un quartier de 20 ans et moins: vous y verrez beaucoup de pelouses vertes, de plates-bandes de fleurs, de massifs d’arbustes… mais n’y manque-t-il pas quelque chose? Un paysage un peu dénudé peut être beau, mais c’est aussi froid et impersonnel. On ne se sent pas invité dans ces quartiers. On a l’impression que les résidents quittent massivement ces secteurs sans âme les fins de semaine pour se prélasser au chalet… entourés de grands arbres, naturellement!

Il faut en planter

L’arbre mérite-t-il toujours une place sur les terrains de ville? Oui! D’abord pour l’ombre qu’il projette. On a beau pester que rien ne se cultive sous un arbre dense (ce qui n’est pas vrai, d’ailleurs), mais, en réalité, l’ombre nous attire. Lors des journées de canicule, un quartier bien meublé d’arbres est vivable; celui dénudé de végétation en hauteur ne l’est pas. L’être humain, de par sa nature même, semble avoir besoin d’arbres dans son entourage. Est-ce un rappel de nos origines (nos ancêtres prenaient refuge dans les arbres quand ils étaient attaqués par des prédateurs)? Nul ne le sait. Toujours est-il que le sentiment de paix et de sécurité qui se dégage d’un arbre semble bien réel… on le trouve d’ailleurs par tout le monde, dans toutes les cultures.

«Un instant, dites-vous, j’ai bel et bien un arbre dans ma cour!» Mais est-ce qu’on peut appeler un petit arbre pleureur d’à peine 1 1/2 m de hauteur un arbre? Et un pommetier décoratif, un lilas japonais ou l’un des autres «petits arbres» tellement populaires par les temps qui courent? Ce sont peut-être des arbres par définition, mais ils ne créent pas l’ambiance de permanence et de sécurité que seul un grand arbre peut prodiguer.

Comment utiliser les arbres

Idéalement, pour recréer le sentiment de paix et de permanence recherché, il faudrait au minimum un grand arbre par terrain… et, de préférence, au moins un en avant et un en arrière. Évidemment, plus un terrain est grand, plus il a besoin d’arbres. En plus de l’ambiance qu’ils créent, les arbres offrent d’autres avantages:

• Réduction des coûts de climatisation l’été;

• Réduction des coûts de chauffage l’hiver;

• Entretien minimal;

• Augmentation de la valeur du terrain;

• Création d’un environnement plus sain;

• Milieu de vie pour les oiseaux;

• Et beaucoup plus encore.

Les arbres apportent certains désavantages aussi, mais ces derniers sont généralement faciles à surmonter. Leur plantation, par exemple, est ardue… mais au moins on ne la fait qu’une fois! L’ombre qu’ils projettent réduit les possibilités d’utilisation des espaces situés tout près, mais il existe un bon choix de plantes qui poussent bien dans les coins sombres. Certains arbres produisent des graines ou fruits qui peuvent être gênants lorsqu’ils tombent. Recherchez des cultivars stériles ou mâles (les arbres mâles ne font pas de fruits). Enfin, il y a toujours le fameux problème du ramassage des feuilles à l’automne… heureusement que cela n’arrive qu’une fois par année (et pas à toutes les semaines comme la tonte du gazon).

Lorsque vous planifiez l’achat d’un arbre, informez-vous quand à sa hauteur et son étalement maximal afin de lui trouver un emplacement convenable. Il faut éviter, par exemple, de le planter là où il pourrait toucher à des fils suspendus, ou trop près de la maison, ou encore, directement devant une fenêtre.

Tout un choix!

Voici quelques suggestions d’arbres de bonne taille qui pourront décorer votre terrain. Ce sont tous des arbres exigeant peu ou pas d’entretien et qui rehausseront la valeur de votre propriété.

Arbre aux 40 écus (Gingko biloba): À croissance très lente, cet arbre est parfaitement résistant aux maladies et aux insectes. Feuillage jaune à l’automne. Demandez toujours un arbre mâle. Hauteur: 14 m. Étalement: éventuellement 12 m, mais beaucoup plus étroit que haut dans sa jeunesse. Rusticité: zone 4.

Chênes (Quercus sp.): Grand groupe d’arbres, pour la plupart assez grands et aux feuilles généralement découpées. Leur port est majestueux, mais leur croissance est lente. Hauteur: 20 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 4. Le chêne rouge (Quercus rubra) et le chêne écarlate (Quercus coccinea) sont particulièrement intéressants pour leur port et leur coloration automnale. Pour un espace limité, pensez au chêne anglais colonnaire (Quercus robur ‘Fastigiata’) qui atteint la même hauteur que les autres chênes, mais qui dépasse rarement 4 m de largeur. Enfin, véritable bijou (difficile à trouver sur le marché), le chêne imbriqué (Quercus imbricaria) a des feuilles lancéolées qui ne ressemblent pas du tout à celles des autres chênes.

Érable à sucre (Acer saccharum): Plusieurs générations d’horticulteurs ont boudé cet érable indigène en pensant qu’il était peu adapté aux milieux urbains, lui préférant l’érable de Norvège, un arbre européen. De nos jours, on se rend de plus en plus compte que c’est presque le contraire et qu’il existe peu de situations où l’érable à sucre ne l’emporte pas sur son confrère importé. Planté en isolé, il prend un port plus beau, il est aussi beaucoup plus joli à l’automne et moins sujet aux dommages hivernaux et ses feuilles, plus petites, ont moins tendance à étouffer le gazon. Tous deux ont cependant des racines denses et peu profondes: il est difficile de maintenir du beau gazon à leur base. Hauteur: 30 m. Étalement: 25 m. Rusticité: zone 4. Il existe plusieurs sélections horticoles, dont ‘Green Mountain’ et ‘Legacy’, qui offrent un port plus régulier mais plus petit que l’érable de semis.

Érable rouge (Acer rubrum): Longtemps négligé par les horticulteurs, on commence maintenant à découvrir les avantages de cet arbre indigène et donc bien adapté à notre climat. Son écorce (et les jeunes branches), lisse et gris pâle dans sa jeunesse, devient rugueuse avec le temps. Ses feuilles trilobées virent au rouge vif à l’automne. Préfère les endroits humides. Hauteur: 18 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 3b. Il existe aussi des sélections de taille plus petite et de forme plus symétrique, comme ‘Morgan’ (15 m x 15 m) et ‘Red Sunset’ (9 m X 6 m). ‘Autumn Flame’ (11 m x 9 m) est le meilleur choix pour les sites de climat froid (zone 3).

Févier sans épine (Gleditsia triacanthos inermis): Arbre à cime ouverte et irrégulière. Écorce rugueuse. Les feuilles sont composées de folioles si petites et qui se décomposent si rapidement qu’il n’est même pas nécessaire de les ramasser à l’automne. Les extrémités des branches gèlent souvent au cours de l’hiver, mais cela ne porte pas vraiment atteinte à son apparence. Recherchez l’espèce ou les cultivars ‘Moraine’ et ‘Skyline’, car plusieurs autres féviers sont trop petits pour faire de bons arbres d’ombrage. Hauteur: 20 m. Étalement: 17 m. Rusticité: zone 4.

Frênes (Fraxinus sp.): Les graines envahissantes du frêne ont jusqu’à récemment “freiné” sa plus grande utilisation, mais, de nos jours, il existe des cultivars qui n’en produisent pas. Parmi les variétés sans graines du frêne blanc (F. americana) (20 m x 15 m) on a ‘Autumn Purple’ aux feuilles d’automne passant du jaune au pourpre; du frêne noir (F. nigra) (25 m x 15 m) on a ‘Fallgold’ aux feuilles devenant jaunes à l’automne; et du frêne rouge (F. pennsylvanica) (20 m x 15 m) on a ‘Newport’ et le très populaire ‘Marshall’s Seedless’, plus petit que l’espèce (15 m) et aussi très résistant aux maladies. La plupart des frênes sont rustiques en zone 3.

Micocoulier occidental (Celtis occidentalis): Arbre indigène rappelant un peu l’orme, mais à cime arrondie. Écorce liégeuse. Coloration jaune à l’automne. Hauteur: 20 m. Étalement: 15 m. Rusticité: zone 4.

Phellodendron de l’Amour (Phellodendron amurense): Peu connu, mais très joli et virtuellement sans problèmes culturaux. Écorce liégeuse. Hauteur: 12 m. Étalement: 12 m. Rusticité: zone 3.

Poirier décoratif (Pyrus calleryana): Un assez grand arbre qui n’a rien en commun avec ses cousins plus petits: pommettier, prunier, cerisier, etc. Il est également essentiellement immun à la plupart des maladies et insectes affligeant les fruitiers. Fleurs blanches abondantes au printemps, mais rarement de fruits. Hauteur: 12 m. Étalement: 10 m. Rusticité: théoriquement, seulement zone 5, mais il croît très bien au Jardin botanique Roger-Van den Hende (zone 4b).

Tilleul (Tilia sp.): Arbre au tronc robuste et à feuilles en forme de coeur. Le tilleul à petites feuilles (T. cordata) offre plusieurs cultivars intéressants. Hauteur: 30 m. Étalement: 25 m. Rusticité: zone 3.

Les arbres douteux

Les arbres suivants peuvent être utiles dans certains cas… mais présentent des problèmes. Cela ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas être utiles… mais à vous de décider si le jeu en vaut la chandelle.

Bouleaux: La plupart sont très jolis, mais de courte durée de vie (surtout le bouleau européen (Betula pendula) et ses variétés). De plus, ils sont susceptibles à une vaste gamme de maladies et d’insectes, donc, à moins de vouloir faire un entretien constant…!

Caryers et noyers: Ils font de très beaux arbres, mais leurs gros fruits peuvent être encombrants. Marronnier d’Inde, catalpa: Ces arbres ne sont vraiment pas assez rustiques pour notre climat et souffrent donc périodiquement d'engelures importantes.

Orme: L’orme d’Amérique (Ulmus americana) est régulièrement victime de la maladie Hollandaise de l’orme, difficile et coûteuse à combattre, alors que l’orme de Sibérie (U. pumila) est fragile et souvent affligé de brûlures hivernales et d’une maladie, le nectria, qui provoque la mort de branches entières.

Arbres à éviter à tout prix

Peupliers, saules, érable argenté: Les racines de ces arbres à croissance rapide sont extrêmement envahissantes et provoquent des dommages aux tuyaux et aux fondations. Leurs rejets ou semis sont aussi très envahissants. La plupart des municipalités défendent d’ailleurs la plantation de ces arbres sur leur territoire.

Et voilà une belle brochette d’arbres à planter dès maintenant. Car après tout, il faudra quelques années avant que vous puissiez en savourer la présence dans votre cour!

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