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Un ennemi à contrôler: l’herbe à poux
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


August 22, 2010

La saison a commencé plus tôt, comme tout le reste ici au Québec. Ailleurs au Canada elle ne saurait tarder ou bien c’est déjà parti aussi: voici le temps des yeux rouges et irrités, des éternuements, des maux de tête et de l’asthme. Tous ces symptômes – et bien d’autres! – sont causés par le pollen d’une seule plante, une petite herbe d’allure insignifiante appelée «herbe à poux» ou «ambrosia».

La petite herbe à poux (Ambrosia artemisifolia), la variété la plus courante au Québec, n’est pas originaire de notre province, mais a plutôt migré de l’Ouest il y a fort longtemps, au moment où l’homme blanc a commencé à couper massivement les forêts pour faire place à ses champs de culture. L’herbe à poux n’a aucune chance dans une forêt, mais dans ces grands champs dénudés qui ressemblent tant à sa prairie natale, elle se sentait très à l’aise. On la trouve maintenant partout au Québec sauf dans le Grand Nord, où la saison de croissance est trop courte, et en Gaspésie, d’où elle a été complètement éliminée grâce à une campagne populaire en 1934-35 (quoiqu’elle semble vouloir revenir suite à un laisser aller et à la saison particulièrement chaude).

Et si on faisait comme les Gaspésiens, repoussant cette plante indésirable en dehors des limites du reste du Québec? On allégerait alors les souffrances de centaines de milliers de Québécois et augmenterait la productivité de nos industries et commerces, durement affectés par l’absentéisme pour raison de maladie de tant de personnes autrement saines. Qui sait? Peut-être pourrait-on même attirer des touristes cherchant un peu de répit de ces allergies saisonnières si dévastatrices!

Reconnaître son ennemi

L’herbe à poux est une plante de taille variable (de 10 cm à plus de 1 m), mais toujours à feuillage très découpé, un peu comme celui d’une carotte. Contrairement à la carotte sauvage, elle produit une tige dressée et des feuilles vert jaunâtre. Les fleurs qui produisent le pollen aux effets si nuisibles sont portées en épis étroits au sommet des tiges. De couleur verte, sans aucun attrait, on les remarque rarement.

On trouve l’herbe à poux facilement, en ville, en banlieue et à la campagne, partout où la terre a été dérangée et où le soleil plombe au moins une demi-journée par jour. Elle affectionne particulièrement les bords de route et les terre-pleins, car elle tolère très bien le sel de déglaçage qui rend les sols peu appropriés aux autres végétaux. Là, sans compétition, elle prolifère. Dans les champs abandonnés et les sous-bois, par contre, l’herbe à poux disparaît rapidement. C’est que c’est une plante annuelle: quand d’autres plantes à croissance vivace s’établissent, elle ne trouve plus de place.

Un contrôle facile

Il est surprenant qu’une plante aussi nuisible soit si facile à contrôler. Pourtant, comme l’herbe à poux a une croissance strictement annuelle, il suffit de supprimer sa croissance de l’année (elle ne saurait renaître de ses racines l’année suivante) pour l’éliminer. Alors, en arrachant les jeunes plants au printemps ou en les coupant au sol avec un sécateur à cette période-ci de l’année, on les élimine sans difficulté. Évidemment, les semences peuvent vivre des années dans le sol, prêtes à germer si l’occasion le permet, mais à force d’éliminer les plants adultes, on réduira aussi les semis, jusqu’à l’élimination complète.

D’ailleurs, si c’est une partie de votre propre terrain qui en est infesté, il est facile d’éliminer l’herbe à poux. Il s’agit de planter quelque chose d’autre à sa place – des fleurs, un arbuste, du gazon, etc. – car l’herbe à poux aime mieux fuir que faire compétition aux autres végétaux.

Plusieurs municipalités ont maintenant des règlements obligeant les propriétaires – résidentiels, commerciaux ou industriels – à éliminer l’herbe à poux, mais on n’a qu’à se promener dans n’importe quelle ville de la région pour se rendre compte que ces lois sont rarement mises en pratique. Même, c’est souvent la municipalité elle-même qui est en faute, car c’est justement sur les terrains appartenant aux villes – c’est-à-dire, le long des routes – que la plante est la plus abondante.

Parfois cependant il ne sert à rien d’aller se plaindre à la municipalité, car, fortement affectée par la récession, elle risque de ne pas avoir de personnel pour s’en occuper. Alors, pourquoi ne pas voir le problème de l’herbe à poux comme un fléau social qui ne sera réglé que si tout le monde fait sa part? Prenez le taureau par les cornes et allez arracher l’herbe à poux vous-même sur les terrains de la ville. C’est ce que fait l’Association de lutte contre l’Ambrosia, un organisme à but non-lucratif bien établi dans la région. Grâce à des publications et dépliants, elle informe le public et les municipalités des moyens de lutte contre cette plaie et, de plus, organise des campagnes d’arrachage, notamment par le biais des camps de jour des différentes municipalités de la région.

Un monde sans «fièvre des foins»? On a pu le créer en Gaspésie et on peut répéter l’expérience partout au Québec si tout le monde met la main à la pâte. Il suffit que tout le monde fasse sa part!

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