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Attention aux faux amis
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


July 31, 2011

En linguistique, un «faux ami» est un mot d’une langue étrangère qui ressemble à un mot de notre langue maternelle mais qui n’a pas le même sens, ce qui fait que, lorsqu’on l’utilise, souvent on se fait mal comprendre puisqu’on lui donne la signification de notre langue plutôt que de la langue étrangère. En horticulture il y a aussi des faux amis: ce sont des plantes qui ont tous les atouts d’une plante ornementale, ce qui fait qu’on n’hésite pas à les planter dans la plate-bande mais qui, en fait, sont des mauvaises herbes de la pire espèce qui envahissent rapidement tout le terrain. Dénonçons quelques-uns de ces «faux amis horticoles» de façon à ce que vous ne soyez plus dupe de leur subterfuge.

Herbe aux goutteux (Aegopodium podagraria ‘Variegata’):

Voici une jolie plante que vous risquez de trouver dans tout centre-jardin. On la cultive dans les endroits ombragés et mi-ombragés pour son feuillage découpé et joliment panaché de blanc. Ses fleurs ombellées n’ont que peu d’attraits. Une description bien inoffensive, n’est-ce pas? Eh bien, dans d’autres pays, la culture de l’herbe aux goutteux est carrément bannie et toute personne trouvée en sa possession sur son terrain est susceptible d’amende. La raison? c’est que cette plante est particulièrement envahissante: ses rhizomes courent partout, s’étendant dans la pelouse et les jardins, parmi les racines des arbres, à travers les haies, etc. Une fois établie, son contrôle est presque impossible. Pire, les semences provenant des fleurs insignifiantes de l’herbe aux goutteux panachée produisent la variété toute verte de la plante, encore plus envahissante!

Que faire si votre pelouse ou jardin en est infesté? Le plus facile, c’est d’enlever cette section au complet – plantes, terre, constructions, etc. – sur une profondeur de 45 cm et de recommencer à zéro avec une terre fraîche non infestée. Si l’herbe aux goutteux s’est infiltrée parmi les racines d’un arbre ou d’un arbuste, par contre, le contrôle n’est pas aussi facile. Recouvrez le sol d’un agrotextile («couvre-parterre») opaque, le cachant de la vue avec un paillis ornemental: sans lumière aucune, notre faux ami ne pourra pas survivre. Il faut toujours recouvrir un espace d’au moins 45 cm plus large que la zone infestée, sinon les rhizomes envahissants s’étendront rapidement en dehors de la zone de la couverture. Soyez vigilants aussi quant à la zone située au pied de l’arbre ou de la haie, où l’agrotexile laisse entrer un peu de lumière: à ces endroits, il faut arracher, arracher et arracher encore pour éliminer le moindre petit rejet qui parviendra à sortir. Au bout d’un an ou deux, quand il n’y a plus de signes de l’herbe aux goutteux, vous pouvez enlever le paillis et l’agrotextile et refaire des plantations… avec d’autres plantes!

Si vous tenez tout de même à cultiver l’herbe aux goutteux (après tout, c’est un des rares couvre-sols convenant aux endroits ombragés), placez une barrière de métal ou de plastique (un seau dont on a enlevé le fond, par exemple) tout autour des limites de la plantation et enfoncez-la à au moins 45 cm dans le sol de façon à ce que les rhizomes soient bien contenus. De plus, supprimez toute tige florale dès que vous les apercevez pour empêcher les semis de s’échapper et de s’établir ailleurs sur votre terrain.

Le «bambou» (Polygonum cuspidatum): Pas un vrai bambou, cette plante, aussi connue sous le nom plus approprié de renouée japonaise, est rarement offerte dans les centres-jardin, mais les consommateurs non-avertis, désirant une haie pas chère et à croissance rapide la recherchent pour leurs terrains. Comme elle couvre de vastes superficies sur les terrains vagues et le long des chemins de fer, il n’est donc pas difficile de se la procurer.

Ce bambou ne ressemble à du vrai bambou que par ses tiges dressées, creuses et annelées: ses feuilles en forme de coeur n’ont rien des feuilles graminiformes du bambou asiatique. Il peut facilement atteindre 2 m de hauteur en un seul été, puis meurt jusqu’au sol pour reprendre sa croissance de plus belle au printemps suivant. Comme l’herbe aux goutteux, il s’étend par rhizomes mais les siens, beaucoup plus gros, croissent avec une telle force qu’ils percent sans difficulté l’asphalte et vont jusqu’à soulever les trottoirs en béton!

Son contrôle est le même que pour l’herbe aux goutteux, sauf qu’il faut creuser plus profondément – au moins 60 cm – si on veut l’arracher. Pour l’étouffer, il faut recouvrir l’agrotextile d’au moins 30 cm d’un produit pesant, comme le gravier, sinon il aura vite fait de percer des trous. Si le bambou s’infiltre dans une pelouse, par contre, une tonte régulière finira par en venir à bout… du moins, s’il ne revient pas en force à partir d’un jardin infesté et situé à proximité.

Évidement, il y a d’autres «faux amis horticoles»: la consoude (une herbe médicinale… combien envahissante!), la raiponce qui ressemble comme deux gouttes d’eau à sa cousine - la jolie campanule - mais qui aura vite fait d’envahir toute votre plate-bande, et bien d’autres encore. La morale de cette histoire? Avant d’acheter une plante horticole ou de récolter une plante sauvage pour votre plate-bande, informez-vous sur ses capacités d’envahissement car, comme dans toute chose, mieux vaut prévenir que guérir.

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