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Vers un terrain quatre-saisons
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


December 2, 2012

Un touriste qui visite le Québec au cours de l’année ne peut pas manquer de le remarquer: nous sommes de toute évidence un peuple particulièrement adepte du jardinage. Dans très peu d’endroits au monde voit-on autant de beaux aménagements autour des maisons privées. Chez nous, même les maisons les plus modestes sont entourées de belles pelouses, de beaux jardins, de belles fleurs… et sont toujours d’une propreté immaculée. Ce n’est pas le cas chez nos voisins du Sud, ni dans les Maritimes, ni même dans l’Ontario, je peux vous l'assurer. Cependant, il y a au moins un niveau auquel les autres pays et régions nous battent cent milles à l’heure: c’est celui de l’apparence hivernale de leurs aménagements paysagers.

En effet, on dirait que les Québécois s’en vont tous dans le sud au mois d’octobre pour ne revenir qu’au mois de mai, tellement leurs jardins hivernaux sont inesthétiques. Même, durant tous ces mois, nos jardins sont souvent un exemple parfait de ce qu’il ne faut pas faire! Arbres et arbustes mal taillés, utilisation excessive de protections hivernales, aucun effort pour sélectionner des plantes d'intérêt hivernal: voilà, malheureusement, le jardin québécois typique. Et il ne faut pas jeter le blâme entièrement sur les épaules des particuliers: les professionnels de l’aménagement, dans bien des cas, sont aussi responsables que les amateurs de la platitude de nos jardins hivernaux.

Est-ce que votre propre jardin fait le poids l’hiver? Observez-le par les fenêtres une fois les premières neiges tombées, puis faites la même chose de la rue… et soyez honnête avec vous-même. Si ce n’est pas un beau paysage que vous apercevez, mais plutôt quelque chose qui ressemble à une cour à «scrap», il est peut-être temps de planifier quelques révisions.

Les erreurs les plus courantes

Pourquoi nos jardins ne sont-ils pas plus attrayants l’hiver? C’est qu’on commet trop souvent quatre erreurs fondamentales.

  1. L’emploi excessif de protections hivernales. Des arbustes emballés étroitement pour l’hiver, comme autant de momies, font grincer des dents les véritables connaisseurs de beaux jardins. Il faut à tout prix les éviter dans les endroits visibles de la rue ou dans la partie de la cour arrière qui est facilement visible de la maison. Si vous avez une prédilection particulière pour un arbuste qui exige à tout prix d’être recouvert d’agrotextile, de jute, de clôture à neige ou d’une boîte en bois, de grâce placez-le dans un endroit plus discret de la cour arrière ou sur le côté de la maison, une partie du terrain qui est moins fréquentée l’hiver!

    Pour une raison inexplicable, les Québécois, avec les Japonais, sont les plus grands abuseurs de protections hivernales. Pourtant l’usage de ces «emballages», dans au moins la moitié des cas, n’est même pas nécessaire. Si les arbustes sur votre terrain sont bien rustiques et ne sont pas particulièrement exposés aux vents hivernaux ni à la neige rejetée par les souffleuses, il n’y a aucune raison de les «momifier». Tout au plus peut-on justifier le fait de les entourer d’un peu de corde ou d’un filet pour empêcher le bris de leurs branches sous le poids de la neige… et même là, une telle protection se doit d’être faite de façon peu voyante. La règle du bon horticulteur? Protéger seulement lorsque nécessaire… et toujours de façon esthétique.
     
  2. Une taille excessive. Les experts horticoles répètent constamment que les arbres et arbustes exigent peu de taille et que, même, le fait de les tailler nuit à leur santé… mais, à voir les jardins québécois, peu de gens les écoutent. À vrai dire, la région de Québec souffre un peu moins du fléau des «arbres et arbustes en boule» qui déferle sur le reste de la province, mais on en voit quand même beaucoup trop.

    C’est à cette saison-ci que les dégâts sont les plus évidents. Lorsque les feuilles de ces arbres et arbustes mal en point tombent, elles révèlent des moignons de branches surmontés d’une croissance maladive en balai de sorcière. Quelle laideur! Il n’y a guère que les conifères à aiguilles persistantes, en fait, qu’on peut tailler de façon très géométrique et obtenir une belle forme hivernale. Pour les autres, et surtout les arbres, c’est une croissance «au naturel», avec seulement des tailles occasionnelles pour corriger les erreurs – branches croches, brisées, vieilles ou malades –, qu’il faut appliquer.
     
  3. Un manque de relief. Pour qu’un terrain soit intéressant l’hiver, il faut y inclure certaines structures ou végétaux offrant un peu de hauteur, sinon il ressemblera à un champ dénudé une fois la neige tombée. Vous pouvez penser qu’avec une rocaille, des sentiers et quelques petits arbustes, votre terrain offre déjà assez de relief, mais n’oubliez pas que la neige aplanit les formes basses. Pensez plutôt à inclure une pergola, un pavillon de jardin, un treillis, quelques arbustes pyramidaux ou de bonne hauteur, etc.… et n’oubliez surtout pas qu’un terrain sans arbre est un terrain inachevé.
     
  4. Aucune sélection végétale en fonction de l’hiver. Il existe des arbres, des arbustes et même des vivaces qui offrent un attrait hivernal indéniable. Pourquoi ne pas incorporer plus de ces «plantes d’hiver» dans votre aménagement? Si vous n’êtes pas satisfait de l’apparence de votre jardin sous la neige, prenez-en bien note.

De la beauté à longueur d’année

On voit donc que les «terrains trois saisons», beaux seulement de mai à octobre, souffrent avant tout d’un manque de planification. Pour qu’un jardin soit intéressant douze mois par année, il faudrait aussi tenir compte de la saison la plus longue: l’hiver. Et maintenant que vous pouvez voir votre jardin sous les premières neiges et juger de vous-même de ses défauts et avantages hivernaux, prenez quelques minutes pour planifier les correctifs à apporter. Allez-y, chers jardiniers! Nous sommes déjà en train de nous tailler une réputation mondiale pour la beauté de nos jardins estivaux… pourquoi ne pas étendre ce vocable sur toute l’année?

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