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Pour de la couleur à Pâques, une azalée
by Larry Hodgson
by Larry Hodgson

email: horticom@horticom.ca

Larry Hodgson has given hundreds of lectures on gardening throughout Canada and the United States.

All the lectures are given with Larry's typical touch of humor and are fully illustrated with beautiful color slides.

They are either in English or French, according to your needs.

Larry is also Regional Director of the Garden Writers Association and has written many books.


April 19, 2009

Sans aucun doute, les végétaux les plus populaires à Pâques sont des plantes à bulbes: d’abord le lis de Pâques, avec ses trompettes blanches, puis les narcisses, les tulipes, les jacinthes, les crocus et autres bulbes à floraison printanière. Mais en troisième place, je choisirais une plante qui risque de donner encore plus de plaisir que les plantes à bulbes, de par sa capacité à refleurir encore et encore: l’azalée.

La «Cadillac» des plantes cadeaux

L’azalée n’est pas juste une plante de Pâques: vous la trouverez aussi sur le marché à Noël, à la Saint-Valentin, à la Fête des Mères, etc. En fait, elle est en voie de devenir la plante cadeau tout usage. Cependant, l’azalée coûte cher… et avec raison. Alors que pour produire une potée fleurie de bulbes il ne s’agit que d’empoter le bulbe à l’automne pour avoir des fleurs au printemps, l’azalée, pour atteindre la taille arbustive qu’on lui connaît, exige plusieurs années de culture en serre. Le plant d’azalée que vous achetez a déjà trois ou quatre ans… et il faut donc payer la note pour cette culture prolongée.

Le coût élevé d’une azalée a toutefois sa compensation: alors que, après leur floraison, l’utilité des plantes à bulbes comme plante de maison est terminée (il faut les planter au jardin si on veut les voir refleurir), l’azalée peut se parer de belles fleurs pendant bien des années à venir, même lorsque cultivée dans un pot. Cependant, il faut connaître ses secrets.

Une culture particulière

L’azalée n’est pas une plante d’intérieur comme les autres. Nos dieffenbachias, philodendrons et dracénas sont des plantes tropicales, et donc bien adaptées au climat chaud qui règne à l’année dans nos demeures; l’azalée (en fait, un Rhododendron non rustique) par contre est d’origine subtropicale. Originaire d’Asie, elle est habituée de subir des températures fraîches, qui frisent même, sans l'atteindre, le point de congélation.

Comment recréer de telles conditions dans la maison? En fait, vous ne le pouvez pas… mais il est facile de les recréer à l’extérieur. En effet, placez votre azalée au jardin au début de l’été et laissez-la là jusqu’à ce que le gel menace à l’automne. Cela lui donnera assez de fraîcheur pour stimuler la formation de boutons floraux… et le spectacle recommencera alors dès l’automne, lorsque vous rentrerez votre plante pour l’hiver.

Vous remarquerez aussi que l’azalée est très avide en eau: ses racines sont fines et nombreuses et absorbent rapidement tout ce qu’on leur donne à boire. Plutôt que de laisser faner votre azalée (et donc de risquer de la perdre), maintenez son terreau constamment humide par des arrosages fréquents, voire presque quotidiens par temps de canicule. Ajoutez un peu d’engrais acidifiant (il s’en vend spécifiquement pour les azalées et rhododendrons) à l’eau d’arrosage pour aider à maintenir le niveau d’acidité du sol (un pH d'environ 4,5, soit beaucoup plus bas que pour la plupart des potées fleuries) que l’azalée préfère.

À l’extérieur, pas d’excès! L’azalée est une plante de sous-bois: elle sera donc parfaitement heureuse dans un coin assez ombragé de votre cour. Trop de soleil pourrait brûler ses feuilles fragiles. Par contre, quand on la rentre dans la maison en septembre ou en octobre la force du soleil est déjà tellement faible qu'il n'y a aucun danger donc si on la place au plein soleil. Cela aidera même à maintenir sa santé.

Une dernière note: ne taillez pas trop sévèrement l’azalée sinon vous éliminerez sa floraison, car les boutons floraux prennent des mois à se former. Taillez plutôt immédiatement après la floraison et seulement pour enlever les branches trop longues.

Des mini azalées?

Depuis quelques années, on a vu apparaître sur le marché des mini azalées, de quelques centimètres de haut et couvertes de fleurs. Elles sont très bon marché, mais sont-elles viables dans la maison? La réponse est oui, mais…

Le «mais» vient du fait que ce ne sont pas des plantes adultes, mais tout simplement des boutures enracinées. Il faut donc les empoter dans un pot plus grand après la floraison, et ce, pour leur permettre de prendre de l’expansion. Elles perdront donc leur taille «miniature», mais seront par la suite plus faciles d’entretien.

Un mystère

Le phénomène le plus mystérieux concernant l’azalée que vous avez vous-même acclimatée à la culture dans la maison est d’essayer d'expliquer la durée prolongée de sa floraison. Alors que l’azalée nouvellement achetée est tellement couverte de fleurs qu’on voit à peine son feuillage, elle a vite fini de fleurir. L’azalée acclimatée, elle, commence à fleurir presque dès son entrée dans la maison à l’automne et continue, souvent sans arrêt, à fleurir jusqu’à l’été. Elle est rarement aussi couverte de fleurs qu’une azalée forcée en serre… mais sa floraison est plus durable.

La raison? Tout simplement des soins de culture inconstants. Lors de la production commerciale en serre, on contrôle tout pour avoir la floraison la plus spectaculaire possible. Qu’elle soit brève ne dérange pas le producteur car c'est l'impact de la floraison qui prime. Par contre, on n’a pas cette possibilité de contrôler toutes les conditions de culture dans la maison… et de toute façon, quoi de mieux qu’une plante qui fleurit six mois ou plus par année… et qu’on a, de surcroît, cultivée soi même?

L’azalée: une plante qui vous donnera bien du plaisir, à Pâques cette année mais aussi des années durant!

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